Marie-France
Lefebvre
Énergère
juin-juillet 2016 - Immobilier Commercial
Article

La lutte contre les changements climatiques est plus que jamais un sujet d’actualité et demeure une source de préoccupations à l’échelle mondiale. En décembre dernier, 195 pays ont signé un accord international lors de la Conférence des Nations Unies sur le climat à Paris. Les ambitions sont grandes, et les gouvernements passent à l’action afin de maîtriser les émissions de gaz à effet de serre (GES), limiter le réchauffement de la planète et aider les populations à y faire face. Le gouvernement Couillard a dévoilé dernièrement sa nouvelle politique énergétique et propose notamment de tirer pleinement parti du potentiel de l’efficacité énergétique à l’horizon 2030.

 

Les propriétaires, les promoteurs, les gestion­naires et les municipalités ont un rôle important à jouer dans la transition énergétique du Québec. Réduire la consommation d’énergie, choisir des énergies renouvelables ou à faibles émissions de GES, moderniser les infrastructures des bâti­ments, aménager le territoire de façon durable, voilà autant de décisions déterminantes pour
l’avenir. Les entreprises spécialisées en contrats de performance énergétique mettent de l’avant
leur expertise et leur savoir-faire depuis des décennies pour proposer des solutions techno­logiques arrimées à des modèles financiers économiquement viables. Qu’il s’agisse d’une nouvelle construction ou d’un parc immobilier existant, la performance énergétique des bâtiments doit être un objectif à atteindre et contribue au développement d’une économie à faible empreinte carbone.

 

À cet égard, les pratiques en matière de dévelop­pement urbain et la gestion de la demande en énergie peuvent notamment être améliorées par l’introduction d’infrastructures énergétiques communautaires. En effet, les progrès tech­no­logiques permettent aujourd’hui le déploiement de boucles énergétiques dites de quatrième génération. La boucle énergétique favorise la récupération et les échanges d’énergie entre des bâtiments à vocations diverses, d’un ensemble urbain ou d’un parc industriel. Elle permet l’intégration d’une ou de plusieurs sources d’énergies renouvelables produites localement telles que l’aérothermie, la géothermie, la biomasse ou l’énergie solaire.

 

Cette approche répond aux objectifs de sobriété énergétique et d’optimisation des ressources naturelles attendus par l’ensemble de la collectivité. Résolument orienté vers les principes de développement durable, le concept de boucle énergétique offre des avantages indéniables, tels l’exploitation centralisée des installations, le déploiement d’infrastructures flexibles et évolutives en fonction des besoins, l’accès à des tarifs énergétiques concurrentiels, l’intégration de technologies émergentes et la réduction majeure des émissions de GES.

 

Citons en exemple la Société de développement Angus et ses partenaires, notamment Énergère et Engie, qui déploieront d’ici la fin de l’année une boucle énergétique pour le futur écoquartier du Technopôle Angus à Montréal. Cette infra­structure de production et d’échange d’énergie sera évolutive, au rythme de la construction des bâtiments. D’ici 2026, le site sera composé de 15 bâtiments incluant 480 unités d’habitation, 120 unités de logements sociaux ainsi que 450 000 pi2 d’espace à bureaux. Les installations de production d’énergie couvrent l’ensemble des besoins de la communauté dans le cadre d’un circuit fermé auquel seront greffés des points d’injection et d’extraction d’énergie ; elles feront appel à des technologies de thermopompage et d’aérothermie. Le plan d’aménagement de l’îlot central résulte d’un travail de plusieurs années réunissant une équipe aux savoir-faire variés composée d’architectes, d’urbanistes, d’ingénieurs et d’entrepreneurs. Le concept de boucle énergétique est reproductible sur des sites aux caractéristiques semblables.

 

La réduction de notre empreinte environne­mentale ne représente plus une option, mais un devoir à accomplir. Rassemblons nos efforts en vue d’assurer une croissance urbaine à faible impact climatique et un futur viable pour les générations à venir.