Andrée
De Serres
LL.L, MBA, Ph.D.
- Chaire Ivanhoé Cambridge d’immobilier ESG UQAM
Article

LES NOUVEAUX DÉFIS DE LA RELÈVE EN IMMOBILIER !

Quand on parle de défis de la relève dans le secteur de l’immobilier, on pense d’abord au renouvellement des ressources humaines causé par les départs à la retraite, les changements de carrières ou divers incidents de la vie. Toutes les entreprises québécoises doivent relever ce défi de chercher, trouver et conserver des travailleurs qualifiés dans un contexte de vieillissement de la population active et de déficit de main-d’œuvre qualifiée.  Cependant, le défi est plus complexe  car il faut aussi s’intéresser particulièrement à un autre phénomène qui bouscule encore plus les plans de relève : l’intégration et les impacts des NTIC (nouvelles technologies d’information et de communication) dans les fonctions, métiers et professions en immobilier ainsi que leurs effets sur les modèles d’affaires des entreprises. Si pour certains, l’impact des NTIC (numérique et digital) s’inscrit en tant qu’évolution naturelle des métiers et des modèles d’affaires, pour d’autres, c’est une véritable révolution industrielle. Le passage au numérique et à l’immatériel représente plus qu’un changement des usages et comportements : il transforme les modèle d’affaires des entreprises, leurs modes de fonctionnement et leurs processus opérationnels. L’exemple nous en est donné par les relations avec les clients des entreprises ou les usagers des services publics qui se dirigent vers plus de désintermédiation, d’interactivité et de simplicité d’utilisation ainsi que vers de conseils adaptés et personnalisés. Si les entreprises du secteur immobilier doivent apprendre à changer et à s’adapter, il en est de même pour l’évolution des métiers qui suit parallèlement le mouvement et se fait l’écho de ces transformations à divers degrés.

Dans ce nouveau contexte, comment définir les véritables besoins en relève dans le domaine de l’immobilier ? De qui et de combien de personnes a-t-on besoin ? Pour exercer quels métiers et quelles fonctions ? Tous les travailleurs sont confrontés à ces nouveaux enjeux et doivent apprendre à développer des compétences et des connaissances pour pouvoir demeurer attractifs dans ce marché en ébullition. C’est dans le but d’étudier ces bouleversements sur certains métiers en immobilier que la Chaire Ivanhoé Cambridge d’immobilier de l’ESG UQAM a mis en oeuvre le « Programme Relève ». (Pour plus de détails, voir le site web suivant : http://ivanhoecambridge.uqam.ca

Comment les femmes en immobilier peuvent profiter de ce nouveau contexte pour améliorer leur place ?

Le nouvel environnement est caractérisé par le rythme et le cycle de vie de plus en court des innovations, par l’automatisation des tâches répétitives et par une hausse croissante d’inégalités entre les travailleurs qualifiés et ceux qui ne le sont plus. Cependant, le capital humain demeure indispensable à la pérennité des entreprises. La prise de décision peut être supportée par des logiciels mais certaines décisions managériales et stratégiques demeurent l’apanage des personnes hautement qualifiées. La maitrise de compétences de base en bureautique (Word, Excel, Access, PowerPoint, Prezi, etc.), en communications (courriel, LinkedIn, Twitter, Skype, etc.) et en veille stratégique devient une condition de base, pas un élément de valeur distinctive. Pour se distinguer, il faut réussir à combiner de très bonnes compétences techniques avec des habiletés en analyse critique, en résolution de problèmes, en gestion du temps et en communication, habiletés que les automates n’ont pas encore réussi à remplacer. Le défi ne consiste plus uniquement à obtenir un diplôme ou un titre professionnel. C’est de se mettre à jour continuellement tout au long de sa vie professionnelle et de tester et de stimuler ses habiletés par des simulations, des analyses de cas et l’ajout de nouvelles connaissances multidisciplinaires. C’est possible en s’inscrivant à certains programmes de formation diplômante (comme, par exemple, les certificats d’études spécialisés de 1er ou de 2e cycle, les MBA pour cadres ou la maitrise en gestion de projet ou en études urbaines) ou certains programmes de formation continue. Les formations créditées ou continues peuvent se dérouler en mode traditionnel exigeant une présence en classe ou en ligne (webinaire, cours MOOK, etc.). On peut faire encore plus en participant et en développant des plateformes de coproduction et de dissémination de nouveaux avec les universités et les centres de recherche. Ces modes de collaboration entre praticiens et académiciens ont eu du succès au Québec, notamment dans les secteurs de la santé et de l’aéronautique, en réussissant à créer un flux continuel de transfert de nouvelles connaissances et de développement de procédés et de méthodes adaptés aux différentes entreprises. Pourquoi ne pas reprendre ce modèle et inviter les femmes du secteur de l’immobilier à s’impliquer davantage dans les collaborations entreprise/université dans le but de faire partie du développement des solutions et des innovations ?

 

 

Andrée De Serres est professeure à l’École des sciences de gestion de l’Université du Québec à Montréal (ESG UQAM). Elle est titulaire de la Chaire Ivanhoé Cambridge d’immobilier et co-directrice du Groupe international de recherche en éthique financière et fiduciaire (GIREFφ). Avocate, MBA et détentrice d’un doctorat en administration (Ph.D.), elle est aussi professeure invitée à l’Université Paris Dauphine.  Vous pouvez la joindre à : deserres.andree@uqam.ca

Pour plus de détails sur la chaire Ivanhoé Cambridge d’immobilier,  voir le site web suivant : http://ivanhoecambridge.uqam.ca.